• Jena Lee : « Je ne gère pas tout le temps la pression »

    Jena Lee s’est confiée à News-de-Stars à l’occasion de la sortie de son deuxième album, Ma Référence. Entretien avec une jeune fille sympathique et enjouée, qui se livre sans faux-semblants.

    Ma Référence est le deuxième album de Jena Lee. Très heureuse de cet opus, la jeune fille nous dit tout !

    News-de-Stars : Après un premier album qui a bien marché, comment as-tu géré la pression pour ce deuxième album, forcément attendu ?
    Jena Lee : dramatique. Je n’ai pas géré la pression, j’ai pété un câble ! Rires. Non, je plaisante. J’ai pris sur moi. J’ai l’impression de m’être vidée pour faire ce deuxième album. C’est vrai qu’après un premier album qui a assez bien marché, c’est dur d’arriver avec un deuxième album. Il faut être sûr de ce que l’on fait et de la qualité. Et j’avais peur. Mais je pense que j’ai fait un bon album.

    Ce nouvel album contient un duo avec Orelsan, qui a été violemment critiqué pour ses propos misogynes. Tu n’as pas peur de la polémique ?
    Je ne pense pas. D’abord parce que la chanson n’a rien de violent. Je pense qu’Orelsan a été victime d’une erreur de jugement, parce que Sale Pute était juste une chanson, c’était de la fiction, il jouait un rôle et on l’a mal compris. Et j’ai trouvé ça dommage.

    Ça n’a jamais remis en cause l’amitié que tu lui portes et l’envie de travailler avec lui ?
    Non. Au contraire, parce que moi, c’est en voyant cette vidéo que j’ai eu envie de travailler avec lui. Je me  suis dit qu’il était vraiment talentueux : il réussit à mettre des mots aussi durs en chanson. Et c’est réel, ce sont des pensées qu’on a tous eu, qui sont relatées dans Sale Pute. Des fois, on a envie de tuer quelqu’un, mais on ne le fait pas. Moi aussi, je pourrais écrire des textes comme celui-là.

    La chanson US Boy traduit l’omniprésence de la culture américaine, notamment télévisuelle. C’est quelque chose qui t’agace ?
    En fait, ça ne m’agace pas, j’aime bien ! Après, j’ai vraiment voulu montrer ce côté omniprésent des États-Unis. Les ados d’aujourd’hui vivent grâce à leurs séries télé, à travers ça. J’ai remarqué ça sur Twitter, en voyant les messages des petites filles qui mettent tout le temps des références à ces séries-là.

    Il y a beaucoup d’humour dans cette chanson…
    Voilà ! J’ai peur que les gens la prennent au premier degré, mais c’est très second degré.

    "Je n'ai pas d'élu de mon cœur"

    Est-ce que cette omniprésence de la culture américaine te donne envie de chanter en anglais ?
    Je resterai toujours fidèle au français en France. Après, si j’ai la chance de m’exporter, c’est sûr qu’on est obligé de chanter en anglais. Mais ce qui peut être intéressant, c’est de faire de l’anglais avec des petits mots en français. Les chanteurs français font généralement des chansons en français avec des petits mots en anglais, moi j’aimerais bien faire l’inverse.

    Tu as un vrai amour pour la langue de Molière !
    Oui, parce que la langue est très jolie, qu’il y a de très bons auteurs en France. Quand on regarde les textes américains, ils ne sont pas toujours très intelligents.

    Mon Ange, Je rêve en enfer, Éternise-moi : autant de chansons sur les amours déçus voire destructeurs. Cela correspond-il à ton image des relations hommes/femmes ?
    C’est exactement ça, puisque je n’ai vécu que des histoires comme ça, d’autodestruction. Des histoires passionnelles et du coup, qui se transforment en haine très vite. Mon ange, c’est une chanson qui évoque le fait que lorsque je suis bien avec un garçon, je m’ennuie. Dans la chanson, je lui demande d’être horrible avec moi, pour ne pas m’ennuyer, pour ressentir quelque chose, ce qui est quand même atroce ! C’est pourquoi je cherche les démons . J’en souffre. C’est un côté un peu maso. Et en même temps, c’est ce qui me permet d’écrire des chansons. C’est pour ça que dans la chanson, je lui dis « vas-y, fais-moi mal », comme ça je vais écrire une chanson !

    C’est un message pour l’élu de ton cœur, là !
    Non, parce que je n’ai pas d’élu de mon cœur…

    C’est un peu comme le poète qui a dit : « J’ai besoin de mal vivre pour bien écrire », c’est ce que tu ressens ?
    C’est exactement ça.

    Il y a des mots très crus dans le titre Ne me réveille pas. Tu n’as pas peur de choquer ton public ?
    Non, je n’ai pas peur de choquer mon public. Beaucoup de gens ont fait des gaffes devant leurs enfants en employant des gros mots, alors je ne pense pas que ça va choquer. Je n’ai pas été trop loin. J’ai employé des expressions connues. Je n’irai pas dans le vulgaire, juste pour être vulgaire et provoquer. C’est seulement qu’il y a des moments où il n’y a pas d’autres façons de le dire. Je ne fais pas de la provoc pour la provoc.

    Ma référence est un album sombre, parfois désespéré. C’était une volonté au départ ?
    Quand j’écris une chanson, je ne me demande pas « est-ce qu’elle a une place sur l’album ? » Quand c’est moi qui compose, je fais surtout des chansons mélancoliques comme Mon ange ; et quand je compose avec d’autres, je fais des chansons plus « happy ». Et je trouve que cet album a plus de chansons « happy » que le précédent.

    Il y a une évolution positive avec cet album ?
    Oui. Il y a bien sûr des titres comme Mon ange, Je rêve en enfer, qui sont dans le genre torturé, mais il y a des chansons comme Ne me réveille pas, qui sont plus drôles. Je voulais un côté plus happy. Et c’est plus facile à adapter pour la scène : avec des chansons plus rythmées, je suis plus proche du public.

    Concernant la scène justement, comment ça se passe ?
    La tournée a déjà commencé. On a intégré des chansons du nouvel album dans le show de l’ancien. Et moi, je trouve ça beaucoup mieux. Les gens participent plus, avec des chansons comme Mon délire ou US Boy, les gens sont plus motivés et ils peuvent taper dans leurs mains, ce qui est plus difficile à faire sur des chansons comme Dépendance.

    Et l’accueil du public a été bon ?

    C’est marrant, il préfère les mêmes chansons que moi. En général, je n’aime pas celles que le public aime. Sur le premier album, c’était Victime idéale qui était préférée et moi, je la détestais ! Je ne pouvais plus l’entendre : je l’avais écrite à 15-16 ans, je n’en pouvais plus. Et comme je viens de faire ces nouvelles chansons, je les aime beaucoup plus. Et le public a préféré Mon ange, qui est aussi ma chanson préférée.

    Souhaites-tu décliner un message particulier aux jeunes de ton âge ?
    Je n’ai pas de message précis. Je ne veux pas influencer mon public sur quoi que ce soit. Même si je l’influence sans le vouloir. Je n’ai jamais écrit une chanson en me disant « ça fait faire penser les gens à ça », ou « ça va les faire changer sur ça ». J’écris ce que je ressens. Et si les gens se reconnaissent, c’est tant mieux. C’est ça que j’aime et qui est agréable.

    "Je suis vraiment partagée entre R'n'B pop et rock émotionnel"

    Qu’est-ce qui t’as influencé sur cet album ?
    C’est le live. C’est la tournée qui m’a appris à penser plus rock. J’ai tourné avec des métalleux et ça m’a influencée pour des chansons plus rock. Et au niveau des textes, ce qui m’influence, c’est moi, ce que j’ai vécu pendant un an. Et le fait que je commence à grandir.

    C’était important pour toi de faire ressortir ce caractère plus mature ?
    Oui. Ce métier fait beaucoup grandir et j’avais l’impression qu’il fallait que je le mette en musique. C’est ce que j’ai fait. Et c’est pour ça que ça a été aussi rapide. Le précédent album me correspond beaucoup moins que celui-là.

    Est-ce que tu envisages d’aller plus vers le rock, ou tu souhaites rester dans le R’n’B, ton style originel ?
    J’aurai toujours un pied dans les deux. Je suis vraiment partagée entre R’n’B pop et rock émotionnel.

    Est-ce que tu aurais pu participer à des émissions de télé-réalité pour te faire connaître ?
    Je n’ai jamais osé. J’aurais eu trop peur, je n’aurai pas pu. Le stress de se présenter devant des gens qu’on ne connaît pas, en plus à la télévision, je n’aurais pas pu. Je suis contente d’avoir pu réussir sans ça.

    Quel regard portes-tu sur ton succès ?
    Je ne suis pas assez objective avec ce que j’ai vécu. Je suis encore en plein dedans. Je pense avoir bien fait les choses. Je pense avoir un bon nouvel album et je pense que le précédent était un bon premier album, même si je préfère le second. Après, c’est vrai que c’est un métier dur, que je ne gère pas tout le temps la pression, mais j’apprends.

    Est-ce qu’on peut se préparer à ce métier-là ?
    Non, on tombe dedans et on se rend compte des choses après. Mais je suis bien entourée.

    C’est important pour toi, d’être entourée ?
    Oui. Je suis très protégée. Mon équipe fait un très bon travail et mes parents sont là aussi pour que je garde les pieds sur terre.

    C’est important d’avoir tes parents qui te soutiennent ?
    Oui ! Bien sûr ! Ils sont là sans être là, avec moi sans être trop présents.

    Est-ce que tu arrives à vivre une vie de jeune de ton âge malgré la notoriété ?
    J’y arrive bien, parce que je ne sors pas beaucoup. Je vois toujours les mêmes amis que je voyais avant, je continue à faire des soirées chez moi, à faire des jeux de société. Et donc, ça ne change pas grand-chose dans ma vie. Et les gens à Paris ne te calculent pas dans la rue !

    Si tu n’avais pas été chanteuse, qu’est-ce que tu aurais fait dans la vie ?
    Je pense que je serai restée dans un créneau de création, dans le cinéma à écrire des scénarii, inventer des histoires. J’écris d’ailleurs des scénarii pour pouvoir écrire des longues phrases et ne pas être bloquée à cause des rimes, comme dans les chansons !

    Est-ce qu’on lira un jour un roman, un scénario signé Jena Lee ?
    Un roman, peut-être pas, parce que je n’ai pas les capacités culturelles pour écrire un roman.

    Est-ce que la part d’autobiographie est toujours importante dans tes chansons ?
    C’est super important. J’ai l’impression qu’il faut que je sorte plein de choses de moi-même, donc je suis obligée d’écrire sur moi-même. C’est pour ça que dans le premier album, toutes les chansons commençaient par « je » et dans le deuxième, c’est par « mon » ou « ma » !

    Pour terminer, as-tu un mot pour les lecteurs de News de Stars ?
    Merci d’avoir lu cet article sur moi ! Plus sérieusement, j’espère que l’album va leur plaire, que le titre US Boy aussi, qu’ils viendront me voir sur scène et découvrir mon côté rock !

    source http://www.news-de-stars.com/jena-lee/jena-lee-je-ne-gere-pas-tout-le-temps-la-pression_art40432.html


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :